LES FOUILLES 2017/2019

Les céramiques de Nasium commencent à parler…

 

 

Une mission céramologique s’est déroulée dans les locaux de l’association de La Cité des Leuques du 22 novembre au 3 décembre 2021. Réalisée par Marion Legagneux (Archeodunum), elle a pour but l’étude des céramiques mises au jour entre 2017 et 2019 sur le site des Solières.

 

La partie technique de cette étude a donc été amorcée : tri des tessons de céramiques par groupes de production, pesée, comptage, identification des formes, remontage et recollage, dessins techniques, tableaux d’inventaires. Cette phase d’expertise prend suite au lavage et au reconditionnement du mobilier. À ce stade de l’étude, ce sont 8506 tessons qui ont été comptés pour un total de près de 123 kilogrammes, et près de 300 éléments ont été dessinés et vectorisés ; cinq caisses de mobilier restent encore à étudier, nécessitant une future intervention. 

 

Le mobilier céramique étant l’un des outils permettant l’établissement de chronologies des vestiges mis au jour, cette étude permettra de dater les différentes couches de la domus des Solières. Elle permettra ainsi d’identifier les premières traces anthropiques de ce quartier d’habitation de l’agglomération de Nasium, mais également d’en connaître la période d’abandon et de destruction. C’est ce qu’on appelle « borner l’occupation ». Les données permettent également de dater les différents aménagements, chacune des phases de construction et de la destruction de l’édifice. 

 

Au-delà de l’aspect chronologique, la céramologie (étude des céramiques) permet également d’apporter des éléments supplémentaires aux vestiges archéologiques : l’identification du niveau socio-économique des occupants de la domus, mais également la caractérisation et la fonction des différents espaces du bâtiment.

 

Chacun des « mobiliers » récoltés sur le terrain a pour vocation d’être inventorié et étudié. Ainsi, chacun des fragments de métal, d’ossements animaux, de verre, de tuiles (et bien d’autres encore) suit la même chaîne opératoire : tris, comptages, pesées, dessins techniques et photographies. La fouille en elle-même n’est donc qu’une toute petite partie du travail des archéologues, qui se poursuit largement dans les laboratoires et les bureaux. L’ensemble de ces éléments conduit ensuite à un rapport de fouille, soumis au service régional de l’archéologie (SRA), qui pourra seulement donner suite à une publication et des cycles de conférences.

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: Extraction du tableau d’inventaire céramique : chacun des tessons est trié selon son groupe de production / catégorie et les éléments de formes sont identifiés : bord, fond, anse, décor, panse… Chaque élément est également pesé et les premières observations sont annotées.

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: Photographie de l’individu INV.10589 après le remontage des 60 fragments. Cette petite cruche est datée entre les années 1 et 50 apr. J.-C. Elle est donc produite sur une durée de 50 ans et date la couche de la première moitié du Ier siècle.

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Le dessin céramique de l’individu INV.10589 : il est réalisé avec des outils tels que le conformateur, le pied à coulisse, l’équerre…

Le dessin céramique de l’individu INV.10589 : il est réalisé avec des outils tels que le conformateur, le pied à coulisse, l’équerre…

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: La vectorisation de l’individu INV.10589 : la planche céramique est ensuite vectorisée via un logiciel graphique. C’est ce que l’on appelle un DAO : Dessin Assisté par Ordinateur.

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Après le DAO : le profil de la céramique est représenté à gauche, tandis que la reproduction de face se situe à droite. Ce dessin condense les principales informations : l’épaisseur de la pâte, l’aspect général de la céramique, le diamètre et la taille y sont figurés. Tous ces éléments sont ensuite réduits à l’échelle 1/3 et constitueront les planches céramiques déversées au rapport de fouille.

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